Test

Bayonetta

Bayonetta

Les gamers expérimentés que beaucoup d'entre nous sommes sont généralement bien plus facilement blasés par le côté trop "classique" d'un jeu. Si nous savons encore garder nos yeux d'enfant pour les jeux qui, sans révolutionner quoi que ce soit, font preuve d'une grande maîtrise d'un genre particulier (Halo 3, Uncharted 2, Modern Warfare 2, pour ne citer qu'eux), les titres de qualité intermédiaire ne restent guère plus dans nos mémoires. Bayonetta n'est pas de ceux-là.

Oh yeah!

Après avoir donné naissance à la folle série des Devil May Cry, Kamiya-san et sa petite équipe ont quitté l'égide de Capcom pour tomber dans les bras de Sega, apparemment plus ouvert à leurs nouveaux projets... osés. Après un MadWorld sur Wii au succès pas si faiblard, c'est donc avec un nouveau beat'em all décalé que PlatinumGames vient titiller Familles de France. Si vous avez échappé à la campagne de communication de Sega, intelligemment axée sur l'héroïne du jeu, vous comprenez certainement le sens du mot "osé". Dans le grand n'importe quoi qu'est ce jeu, vous incarnez Bayonetta, dernière sorcière vivante après que leur espèce a été exterminée dans une guerre contre le Paradis, puis une campagne d'inquisition menée par les humains.

On a pris les commandes de la sorcière sexy depuis quelques secondes à peine qu'un premier constat s'impose : chaque coup, ou presque, est l'occasion pour notre belle d'adopter une pose lascive, provocatrice, voire mieux pire. Les développeurs n'ont, de manière plus générale, reculé devant aucun excès. Un constat plus exact serait de dire qu'ils le cultivent. Qu'il s'agisse des ennemis, des environnements, des situations de jeu ou des combos de Bayonetta, chacun nous fait nous dire "Ok, ils n'oseront pas aller plus loin", et chaque fois nous nous trompons. Un petit mot, déjà, des camps, complètement manichéens, à tel point que les gentils se permettent de tous porter des lunettes, et les méchants non. Il ne s'agit là que d'un détail, mais tout est à l'avenant : en lieu et place des habituelles potions, Bayonetta consomme par exemple des sucettes, qu'elle ne manque jamais de sucer goulûment dans les cinématiques.


Cachez ce sein que je ne saurais voir

Héritant de toutes les mythologies religieuses et païennes, les ennemis ne font pas non plus dans la mesure. Si des anges à l'apparence douteuse mais à la taille raisonnable seront vos ennemis les plus courants, certains boss gigantesques au design torturé se dresseront également sur votre chemin, offrant des affrontements visuellement dantesques, mais pas forcément les plus passionnants. La prise en main, point vital pour un jeu du genre, est pourtant vraiment bien fichue et très agréable pour les combats plus classiques. Le système de combo, relativement simple à appréhender, permet de nombreuses combinaisons, d'autant plus variées qu'il est possible de switcher rapidement entre deux sets d'armes, alternant le temps de le dire entre fouets et flingues. Les chorégraphies particulièrement langoureuses s'enchaînent donc avec la plus grande des facilités, Bayonetta se déshabillant carrément pour clôturer certains combos. Ici, point de système de parade, mais uniquement des esquives, qui s'exécutent d'un simple appui sur une gâchette et vous permettent, si votre timing est suffisamment précis, de ralentir le temps et de saccager vos ennemis sans pitié aucune. Si le système est particulièrement savoureux lors des affrontements contre de nombreux ennemis à la vitesse d'attaque raisonnable, on se retrouve en revanche un peu trop rapidement à marteler de ce bouton si lesdits ennemis sont plus rapides, rendant l'opération à la fois trop aisée et un peu brouillonne. La caméra, un poil épileptique en combat, permet malgré tout de suivre l'action sans problème, mais énervera en revanche rapidement par son côté anémique lors du passage en cadrage manuel, si bien qu'il est plus rapide de cadrer en tirant dans la direction souhaitée...

Techniquement, le jeu est très propre et ne souffre d'aucun reproche majeur. En plus d'être souvent mobiles, les décors sont plutôt détaillés et servent de cadre à des situations d'affrontements plus improbables les unes que les autres. Un exemple des plus frappants est cette scène d'intro et ses combats sur des bâtiments en chute libre... La surenchère de grandiose, d'environnements improbables et de situations fantasmagoriques ne parviennent pas à venir à bout du framerate, toujours à la hauteur (du moins sur 360). Les quelques problèmes de saccades rencontrés sur PS3 semblent pouvoir être atténués par une installation sur le disque dur, ce qui n'est pas le cas de la relative fadeur des couleurs.
 


The show must go on

Kamiya-san nous l'avait promis, la difficulté est au rendez-vous. La montée en difficulté se fait progressivement au fil de l'avancée dans le jeu, nous laissant le temps de le prendre en main. Une courbe de progression salutaire, mais qui n'empêchera pas de mourir souvent, chose d'autant plus frustrante que vos morts sont comptées au fur et à mesure, comme si le jeu raillait votre faiblesse. Outre votre talent de hardcore gamer inné, vous devrez compter sur l'acquisition de nouveaux combos ou objets, généralement aussi chers qu'utiles. Un amusant système d'alchimie est également de la partie, vous permettant de combiner les ingrédients que vous récoltez pour en faire sucettes de vie ou de magie... Grâce à tous ces éléments, faire une première fois le tour du propriétaire vous occupera une douzaine d'heures, ce qui s'avère tout à fait raisonnable pour le genre, d'autant plus que les plus atteints d'entre vous y retourneront avec un grand sourire en travers de la tronche.

Si le scénario tient comme il se doit sur un timbre poste, c'est plutôt avec ses personnages, attachants, que Bayonetta retient le chaland. Tous font preuve d'une répartie et d'un charisme rares, au service de cinématiques pêchues et tout aussi improbables que les situations de jeu rencontrées. Les doublages anglais sont également largement à la hauteur et rejoignent une bande originale aussi bien choisie (réentendre "Fly me to the Moon" ainsi chantée m'a donné envie de me replonger dans les Evangelion...) que rythmée, formant ainsi une ambiance sonore du plus bel effet, bien qu'il ne s'agisse pas vraiment d'un point central pour ce type de jeu.
 
Gameplay
9 / 10
Tout est impeccable, instantané et un régal à manier, le système d'esquives inclus. Les malades de la difficulté déploreront que celles-ci manquent de technicité, mais Bayonetta se rattrape de bien des manières de ce point de vue. Tant de bonheur occulte sans difficulté une caméra manuelle horriblement pataude.
Graphismes
9 / 10
Techniquement, c'est impeccable, mais artistiquement, on est bien au-delà. Avouons pour être totalement honnête que ce constat est possiblement masculino-subjectif. La taille des environnements et des boss en rajoutent une belle couche, comme si c'était nécessaire. Les témoignages parlent de ralentissements et de couleurs plus "fades" sur la version PS3, chose que nous n'avons pu constater sur notre version de test 360.
Bande-Son
8 / 10
Musiques excellentes, doublages à l'avenant, bruitages suffisants. Amen.
Durée de vie
7 / 10
Une grosse douzaine d'heures, auxquelles ajouter ce que votre soif de douleur et/ou de plaisirs visuels vous fera jouer en rab dans une nouvelle difficulté. Dans la bonne moyenne du genre.
Note finale
9 / 10
PlatinumGames a ici réalisé une performance à bien des égards. La première est d'être parvenu à nous surprendre une nouvelle fois, avec un titre au-delà des mots (constat un poil frustrant pour le testeur) dans tous ses aspects. Le joueur blasé qui sommeille en nous en prend plein la gueule de bout en bout, peinant à reprendre son souffle, mais continuant à en redemander, comme un camé en manque. Si vous n'avez pas encore eu votre premier fix, vous savez quoi faire.
Test de Bayonetta
Par mercredi 24 février 2010 à 14h29
  • Rien à dire, excellent test :cool: :cool:
    il y a 1 année
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  • Et dire que certains disaient que c'était nul, et ben je vois le contraire, ce soir je le commande direct ^^
    il y a 1 année
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  • La démo ne m'a pas emballé et puis je trouve que l'héroïne ne ressemble à rien avec sa tête minuscule par rapport à son corps. Dans le genre, je préfères mille fois Dante's Inferno. :p
    il y a 1 année
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  • Oui, pour moi ce jeu frôle la nullité, il n’est que beau -_-
    il y a 1 année
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  • Heureusement que ce n'ai que votre avis haha, moi je l'ai trouvé sympa
    il y a 1 année
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  • Malheureusement pour eux (et heureusement pour le JV) ce n’est pas que mon avis
    Le jeu c’est vendu qu’au Japon et c’est essentiellement pour la coquine pas pour le jeu
    il y a 1 année
    • Metroid Prime 3 - Samus - Débloqué le 13 août 2010
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  • Spy
    Merci pour l'honnêteté à propos de la plateforme de test
    il y a 1 année
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  • Dire que Bayonetta est nul c'est ne rien connaitre aux Beat Them All japonais et dire qu'il s'est uniquement vendu pour son héroine c'est totalement ridicule.
    Heureusement pour le jeu vidéo que des mecs osent sortir des sentiers battus pour sortir un jeu avec autant d'audace et de fun.
    Tout simplement un excellent BTA et un excellent jeu tout court.
    il y a 1 année
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  • J'ai pas du tout accroché, mais ça reste un bon gros défouloir bien hardcore.
    il y a 1 année
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  • Ce jeu est tout juste énorme : technique, déjanté, très fun, superbe, et avec une jouabilité de folie...

    On est loin du défoulloir de base et on joue plus dans la catégorie fun très très gamers...

    Il atomise Dante's Inferno en le renvoyant au rang de simple demo et renvoi même DMC revoir sa copie... A voir si GoW a sa chance mais je pense que Bayonetta gardera son charme et son originalité par rapport à un Kartos vieillissant
    il y a 1 année
    • Médaille de bronze au tournoi Street Fighter - 3ème place au tournoi Street Fighter Livegen - Débloqué le 23 novembre 2010
  • Pour moi justement je dirais le contraire de XIAO, Dante's Inferno renvoie Bayonetta au rang de simple démo ! :p
    il y a 1 année
    • Assassin's Creed 2 - Assassin's Creed 2 - Débloqué le 05 avril 2010
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    • Marvel vs Capcom 3 - Iron Man - Débloqué le 25 septembre 2011
  • 90% de moyenne pour Bayonetta, 72% pour Dante's Inferno...

    On ne s'y trompe pas...
    il y a 1 année
    • Médaille de bronze au tournoi Street Fighter - 3ème place au tournoi Street Fighter Livegen - Débloqué le 23 novembre 2010
  • Test excellent qui rend hommage à ce grand jeu... Je prie pour qu'il y ait une suite :p
    il y a 1 année
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Fiche jeu

Bayonetta

  • PS3
  • Genres : Action / Aventure / Beat them all
  • Sortie FR : 08 janvier 2010
  • Meilleur prix (neuf) : 98,79 EUR
  • Jeu d'action (à la troisième personne) stylisé à la mise en scène cinématographique dirigé par Hideki Kamiya. Le jeu met en scène une puissante sorcière qui doit fait face à d’innombrables ennemis dont certains atteignent des proportions gigantesques. Les mouvements de ‘finish’ sont exécutés avec la grâce d’un ballet alors que la jeune demoiselle virevolte d’un combat vers l’autre. Entièrement dédié à l’action et intégrant des combats ultra-dynamiques, Bayonetta repousse les limites du genre.